PAS Problem Agitate Solve : structure, ligne éthique et limites

En bref

PAS (Problem, Agitate, Solve) ouvre sur la douleur du prospect, pas sur vous. Nommez le problème (il se reconnaît), agitez ses conséquences réelles, présentez votre offre comme résolution naturelle. Ligne de crête : agitation éthique si elle révèle une douleur réelle, manipulatoire si elle fabrique une peur. PAS excelle sur un problème conscient et douloureux, tombe à plat sinon.

PAS est une des façons de construire le copywriting & proposition de valeur : celle qui part du problème plutôt que de l’offre elle-même.

PAS (Problem, Agitate, Solve)
Framework de copywriting en trois temps : on ouvre sur le problème du prospect (Problem) pour qu’il se reconnaisse, on en montre les conséquences réelles pour rendre l’enjeu concret (Agitate), puis on présente l’offre comme la résolution naturelle qui déclenche l’action (Solve). L’ordre compte : la tension est clarifiée avant que la solution soit proposée.

Ouvrir sur la douleur, pas sur soi

La plupart des pages de vente et des annonces publicitaires ouvrent sur soi : « Nous sommes une agence experte, leader depuis 20 ans... ». Le prospect s’en moque, qu’il lise une annonce sur le réseau de recherche ou une landing page. PAS prend le chemin inverse : il ouvre sur lui, sur son problème. La structure en trois temps s’adapte aux formats publicitaires courts comme aux pages plus longues :

  1. Problem : nommer le problème. Vous ouvrez en énonçant précisément le problème que vit votre prospect. S’il est bien nommé, il se reconnaît immédiatement. Cette reconnaissance crée l’accroche : vous parlez de lui, donc il écoute.
  2. Agitate : agiter le problème. Ne vous contentez pas de nommer : montrez les conséquences réelles du problème, ce qu’il coûte réellement, où il mène s’il n’est pas résolu. L’agitation transforme un problème tiède en enjeu important.
  3. Solve : résoudre. Une fois le problème nommé et son urgence sentie, présentez votre offre comme la résolution naturelle. Arrivé à ce moment, le prospect veut déjà résoudre : vous lui montrez comment.

L’ordre change la réception : on rend le besoin lisible (Problem + Agitate) avant de proposer (Solve). Présenter la solution avant d’avoir fait sentir le problème, c’est répondre à une question que le prospect ne s’est pas encore posée.

Comment trouver la douleur réelle, pas le besoin superficiel ?

La douleur réelle n’est pas le besoin littéral. Le prospect qui dit « je veux plus de trafic » veut souvent éviter de perdre du terrain face à ses concurrents, ou devoir défendre un budget qui ne suffit pas. La douleur est émotionnelle et tangible : perte d’argent, pression interne, peur de devoir expliquer l’échec. Le besoin superficiel est ce qu’il demande ; la douleur réelle est ce qu’il essaie d’éviter.

Quatre sources concrètes pour l’identifier :

Critère de validation : la douleur est spécifique et tangible (« je brûle mon budget sans savoir quelles campagnes convertissent ») ou abstraite et inutilisable (« je veux améliorer mes performances »). Si vous ne pouvez pas écrire un exemple concret de cette douleur dans la vie du prospect, elle n’est pas encore assez réelle pour ouvrir un PAS.

L’agitation est-elle éthique ou manipulatoire ?

L’étape « Agitate » est puissante et dangereuse, et c’est là que se joue l’éthique de PAS : aider plutôt que manipuler. La ligne est nette.

Agitation éthique : révéler une douleur réelle que le prospect ressent déjà, et en montrer les conséquences réelles. Vous ne créez pas la douleur, vous la rendez consciente et urgente.

Exemple : « Vous dépensez en Ads sans tracking fiable ? Chaque mois, vous reconduisez un budget en pilotant à l’aveugle, et vous ne savez même pas quelles campagnes vous font perdre de l’argent. » C’est inconfortable, mais réel : ça aide le prospect à voir un problème qu’il sous-estimait.

Agitation manipulatoire : fabriquer ou exagérer une peur pour forcer la vente. Inventer une menace, dramatiser à outrance, jouer sur une angoisse sans rapport avec le réel.

C’est de la manipulation : un prospect attentif la détecte, et la confiance s’effondre.

Les erreurs d'agitation qui font décrocher

L’agitation est l’étape la plus risquée. Bien exécutée, elle crée l’urgence ; mal exécutée, elle fait décrocher. Cinq erreurs d’exécution à éviter :

  1. Abuser du « vous » au point de faire des suppositions erronées. « Vous avez sûrement vécu... » suivi d’une situation que le prospect n’a pas vécue le décroche instantanément, il se dit que vous ne le connaissez pas.
  2. Rester dans l’abstrait. « Vous perdez de l’argent » ne fait pas peur. « Votre campagne Brand convertit deux fois mieux que votre campagne générique et vous leur allouez le même budget, alors que le coût par clic des deux est identique », c’est concret, chiffré, et ça touche un bénéfice mesurable que le prospect peut vérifier lui-même.
  3. Utiliser un vocabulaire décalé. Un dirigeant parle souvent de « leads » et de « coût par client » avant de parler d’« optimisation du tunnel de conversion ». Les termes techniques du marketing digital ont leur place dans un audit, pas dans l’agitation qui doit parler des bénéfices concrets pour le lecteur : l’agitation dans le mauvais registre sonne comme un discours de consultant, pas comme un miroir.
  4. Ne pas relire avec un œil externe. Ce qui semble évident à l’auteur passe parfois pour de la dramaturgie à froid. Un tiers qui lit votre agitation sans contexte, comme le feraient des utilisateurs réels découvrant l’annonce pour la première fois, sait immédiatement si elle sonne juste ou forcée.
  5. Agiter un problème que le prospect ne ressent pas encore. C’est le corollaire du niveau de conscience : agiter une douleur inconsciente ne crée pas l’urgence, elle crée la méfiance.
Le test de terrain
Le prospect, voyant clair dans votre agitation, se sentirait-il aidé (vous avez nommé un problème réel) ou manipulé (vous avez inventé une peur) ? Si la réponse hésite, l’agitation est trop forcée.

Quand utiliser PAS, et quand il tombe à plat ?

PAS n’est pas universel. Il excelle quand le problème est conscient et douloureux : le prospect souffre déjà, le nommer et l’agiter résonne fort. Il tombe à plat, ou agace, dans deux cas :

C’est le lien direct avec les niveaux de conscience du prospect : PAS suppose un prospect au moins conscient de son problème.

Pour un prospect inconscient du problème, il faut d’abord l’éduquer avant de pouvoir agiter, ce qui implique un autre angle. Choisir PAS, c’est donc d’abord vérifier que le prospect est au bon niveau de conscience.

La nuance à garder : PAS est un des frameworks, pas le seul. La séquence AIDA en est un autre, plus neutre, qui n’ouvre pas forcément sur la douleur.

Votre prospect ressent-il déjà le problème ?
Problème conscient et douloureux Ouvrez sur sa douleur, nommez puis agitez les conséquences réelles, PAS résonne.
Problème encore inconscient ou tiède N’agitez pas : éduquez-le d’abord, l’agitation viendra après.

Sur certains marchés ou positionnements (haut de gamme, institutionnel), ouvrir sur la douleur peut détonner avec la tonalité voulue. PAS est un outil puissant pour les bons cas, pas une formule à appliquer partout.

À retenir
  • PAS ouvre sur la douleur du prospect : Problem (nommer), Agitate (conséquences réelles), Solve (résolution naturelle).
  • L’agitation éthique révèle une douleur réelle que le prospect ressent déjà : inventer ou exagérer une peur, c’est de la manipulation qui se retourne.
  • PAS fonctionne surtout si le problème est conscient et douloureux : sur un prospect pas encore conscient, commencez par éduquer.
  • Testez le ressenti : le prospect se sentirait-il aidé ou manipulé en voyant clair dans votre agitation ?

PAS selon le format : annonce Search, email, landing page, ce qui change

PAS reste PAS, mais l’espace contraint radicalement ce que vous pouvez déployer à chaque étape en publicité digitale, du SEA à la landing page. Le framework ne change pas ; la densité de chaque brique s’adapte à la surface disponible et à la technique propre à chaque format, une extension d’annonce n’a pas le même espace qu’un paragraphe d’email.

Format Problem Agitate Solve
Annonce Search (titres ~30 car.) Une phrase, douleur nommée directement (« Budget Ads sans résultats ? ») Condensé dans le titre 2 ou élidé, l’Agitate tient en 3 mots ou disparaît Description = résolution + différenciateur
Email (objet + 3-5 paragraphes) Objet = le problème nommé ; 1er paragraphe = reconnaissance 1-2 paragraphes, conséquences concrètes, une anecdote ou un chiffre terrain Paragraphe final = offre + un CTA
Landing page (scroll long) Section hero : titre = douleur nommée, sous-titre = contexte Section dédiée : conséquences développées, exemples réels, preuve sociale inversée Section + CTA répétés, Solve étayée par témoignages ou résultats

Sur une annonce Search, Problem et Agitate se condensent parfois en un seul titre. C’est le format le plus contraint : la douleur doit tenir en quelques mots, ce qui oblige à une précision chirurgicale dans le choix du problème nommé. C’est aussi le format le plus courant pour l’audience Google Ads, et le plus révélateur : si votre Problem ne passe pas le test du titre en 30 caractères, il est probablement encore trop vague.

Les assets d’annonce (liens annexes, accroches, extraits) ne portent pas le PAS lui-même, mais ces textes complémentaires peuvent prolonger la Solve avec un bénéfice ou un chiffre terrain qui ne tenait pas dans le titre. La méta-description d’une page de destination joue le même rôle de relais entre le clic sur l’annonce et l’atterrissage sur la page : elle doit tenir la promesse du Problem nommé dans l’annonce, sous peine de décrocher l’utilisateur qui a cliqué pour une raison précise. Ces textes complémentaires ne remplacent pas un Problem mal calibré, ils ne font que l’amplifier ou le compenser marginalement.

PAS vs BAB : deux façons d’ouvrir sur le problème

PAS et BAB (Before-After-Bridge) sont les deux frameworks qui ouvrent sur la situation du prospect. Ils ne sont pas interchangeables.

BAB pose d’abord la situation actuelle (Before), peint immédiatement le résultat souhaité (After), puis présente l’offre comme le pont (Bridge). Il saute l’agitation : on va directement de la reconnaissance au désir du résultat. PAS, lui, agite entre le problème et la solution, il crée l’urgence plutôt que de susciter l’aspiration.

Critère PAS BAB
Ouverture Douleur nommée Situation actuelle (neutre ou négative)
Émotion principale Urgence de résoudre Désir du résultat positif
Étape centrale Agitation des conséquences Vision du « après » souhaité
Fonctionne mieux quand Le problème est douloureux et conscient Le prospect préfère se projeter vers le résultat
Risque principal Manipulation si la douleur est fabriquée Naïveté si le Before est trop tiède
Tonalité Direct, tendu Positif, aspirationnel

Pour aller plus loin sur les comparaisons avec AIDA, l’autre alternative, et la décision en fonction du niveau de conscience, la page sur les niveaux de conscience du prospect donne le critère de choix structurant.

PASO : vaut-il la peine d’ajouter l’Outcome ?

PASO (Problem-Agitate-Solve-Outcome) ajoute une quatrième brique : faire visualiser la vie après la résolution du problème. L’Outcome n’est pas un rappel de la solution, c’est la transformation durable, l’état dans lequel se retrouve le prospect une fois le problème derrière lui.

L’ajout se justifie quand l’offre est une transformation durable : consulting sur la durée, formation, accompagnement. Le prospect a du mal à se projeter, l’Outcome lui donne une image concrète de « l’après ». Sur une annonce Search courte ou un email d’activation, l’Outcome est superflu : la surface manque, et la Solve bien rédigée suffit.

La règle pratique : si votre Solve répond à « comment ça marche », l’Outcome répond à « dans quoi je me retrouve ». Les deux ne se superposent pas. Certains rédacteurs combinent PASO avec une structure narrative, le client comme héros résolvant son problème, pour renforcer la Solve : voir storytelling et conversion. Si votre Solve décrit déjà la transformation vécue par le prospect, vous êtes déjà en PASO sans le nommer. Ajoutez l’Outcome explicitement seulement quand la résolution et la transformation sont deux choses distinctes à exprimer. Pour les frameworks de valeur qui structurent cette promesse de transformation, voir proposition de valeur et frameworks.

Quel mot-clé révèle quelle douleur, avant même d’écrire l’annonce ?

Le PAS ne commence pas à l’écriture du titre : il commence au choix du mot-clé ou de l’audience ciblée sur le réseau de recherche Google. La requête tapée par l’utilisateur est déjà un indicateur du niveau de douleur, et donc de la dose d’Agitate à injecter dans vos campagnes de publicité en ligne, avant même que l’action de rédaction du texte ne commence.

Trois signaux à lire avant de rédiger :

La règle terrain : plus la requête de recherche est spécifique et douloureuse, plus votre Agitate peut être direct avec peu de risque de manipulation, vous ne faites que refléter ce que le prospect a déjà tapé. Plus elle est générique, plus vous devez rester dans le Problem et doser l’Agitate, au risque de sonner comme si vous agitiez une peur absente chez lui.

Le prospect a vu votre PAS et n’a pas cliqué ou pas converti, et maintenant ?

Un PAS qui ne convertit pas au premier passage n’est pas un échec du framework : c’est un problème encore tiède pour ce prospect précis, ce jour-là. La question n’est pas de réécrire des annonces Google Ads plus agressives, c’est de savoir quoi faire du prospect qui a vu la publicité sans agir.

Deux cas distincts :

Le remarketing display après un clic non transformé n’est pas un second PAS complet : c’est une reprise de contact qui suppose que le Problem est déjà installé chez le prospect. Le réagiter en boucle, sans variation, use la relation plus vite qu’il ne convainc, c’est le même risque que l’erreur d’agitation répétée abordée plus haut, mais étalé sur plusieurs jours de campagne plutôt que dans un seul texte.

À trancher

Utilisez PAS quand le problème de votre prospect est réel, conscient et douloureux. Ouvrez sur lui : nommez le problème (qu’il se reconnaisse), agitez-le en montrant ses conséquences réelles (pas fabriquées), puis présentez votre offre comme la résolution attendue, que ce soit dans vos annonces Google Ads, une page de vente ou un email adressé à l’utilisateur qui hésite encore.

Assurez-vous d’abord que le prospect est conscient du problème. Sinon, éduquez avant d’agiter, avec un message adapté à son niveau de conscience. Assurez-vous aussi que la tonalité « douleur » convient à votre marché. Sur le plan technique, la rédaction d’un bon PAS tient moins à la formule qu’à la précision du Problem nommé. Au fond, c’est une façon parmi d’autres de structurer votre proposition de valeur, celle qui part du problème. Pour replacer PAS parmi les autres principes de copywriting et de conversion, la page de référence donne le cadre complet.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le framework PAS en copywriting ?
PAS (Problem, Agitate, Solve) est une structure en trois temps : nommez le problème de votre prospect pour qu’il se reconnaisse, montrez ses conséquences réelles pour rendre l’enjeu concret, puis présentez votre offre comme la résolution naturelle.
Quelle est la différence entre PAS et AIDA ?
AIDA (Attention, Intérêt, Désir, Action) est plus neutre et peut ouvrir sur n’importe quel angle d’accroche. PAS ouvre spécifiquement sur la douleur du prospect : c’est plus utile quand le problème est conscient, plus délicat si le prospect ne ressent pas encore la douleur.
Quand ne pas utiliser PAS ?
Quand le prospect n’est pas encore conscient de son problème (agiter une douleur qu’il ne ressent pas crée de la méfiance), quand le problème est trop faible pour mériter une agitation, ou quand la tonalité « douleur » ne correspond pas au positionnement souhaité (haut de gamme, institutionnel).
Comment savoir si mon agitation est éthique ou manipulatoire ?
Le test : si le prospect voyait clairement votre intention, se sentirait-il aidé (vous avez nommé un problème réel) ou manipulé (vous avez fabriqué une peur) ? Toute agitation qui exagère ou invente une menace est manipulatoire et finit par se retourner contre la confiance.
PAS fonctionne-t-il sur tous les formats - annonce courte, landing page, email ?
La structure reste la même mais l’espace contraint la proportion : sur une annonce courte, Problem et Agitate se condensent parfois en une seule phrase percutante ; sur une landing page, vous pouvez développer l’Agitate sur plusieurs paragraphes avec des exemples concrets. L’ordre Problem-Agitate-Solve reste le repère, la densité s’adapte au format.
Peut-on combiner PAS avec d’autres frameworks de copywriting ?
Oui : certains rédacteurs enchaînent un PAS en ouverture pour créer l’urgence, puis pivotent vers une structure de preuve (témoignages, exemples concrets) avant l’appel à l’action. La règle est simple : dès que vous inversez l’ordre ou diluez l’Agitate, la mécanique devient moins lisible.
Vincent Duquesne, consultant Google Ads
Vincent Duquesne
Expert Google Ads Certifié depuis 2011 : j’ai audité et restructuré des centaines de comptes dans des dizaines de thématiques différentes. +20M€ gérés.
Google Partner Premier 2026

Votre message force trop ?

On clarifie le problème sans fabriquer la peur.

Réserver un appel