Méthode PAS en copywriting : décrire un problème sans l’exagérer

En bref

La méthode PAS (Problem, Agitate, Solve) structure un message en trois temps : le problème que votre client reconnaît, ses conséquences vérifiables, puis une solution prouvée. Elle sert dans une annonce Google Ads comme sur une page. Elle devient manipulatrice dès qu’elle invente un risque, grossit l’urgence ou promet sans preuve.

Avant d’écrire une annonce ou une page, trouvez le problème que votre client reconnaît déjà. La méthode PAS (Problem, Agitate, Solve) organise ensuite le message autour de ce problème. Elle ne construit pas votre promesse, qui relève du copywriting et de la proposition de valeur. Elle donne seulement un ordre : partir de la difficulté du lecteur plutôt que de votre offre.

Les trois temps de la méthode PAS

« Nous sommes une agence experte, leader depuis 20 ans. » Cette phrase met l’entreprise en avant, alors que le lecteur se demande ce qui va changer pour lui. PAS part au contraire de sa situation, dans une annonce courte comme sur une page de destination.

  1. Problem : nommer le problème. Décrivez un fait, une difficulté ou un objectif que votre client peut reconnaître. Le texte reste précis sans prétendre connaître sa vie ou ses émotions.
  2. Agitate : montrer les conséquences. Décrivez ce que la situation coûte déjà en argent, en temps ou en risque. Chaque conséquence doit être constatée, sourcée ou présentée comme une hypothèse à vérifier.
  3. Solve : prouver la réponse. Le message explique comment votre solution résout ou réduit le problème, avec quelles preuves et dans quelles limites. Le lecteur peut alors juger par lui-même si elle lui convient.

Cet ordre n’est pas une règle de mise en page. Selon ce que le public sait déjà, une preuve ou un résultat peut ouvrir le message avant le problème.

Exemple fictif pour un outil de suivi des devis. Le texte suppose que l’outil permet réellement de voir les statuts et d’enregistrer une date de rappel :

« Vos devis sont répartis dans plusieurs fichiers. Pour préparer les relances, il faut retrouver la dernière réponse dans chaque dossier. Réunissez les devis et leur statut dans une même liste, puis notez la prochaine date de rappel. La démonstration montre ce parcours ; l’outil ne garantit pas que vos clients signeront. »

La première phrase nomme le problème. La deuxième décrit la tâche qu’il impose, sans inventer de perte de chiffre d’affaires. La suite présente la solution et la manière de la vérifier : une démonstration du parcours. Aucun gain de temps chiffré n’est affirmé sans mesure.

Contre-exemple à écarter : « Chaque devis oublié vous fait perdre un client. Notre outil sauve vos ventes. » Il transforme une possibilité en certitude et promet un résultat que le logiciel ne maîtrise pas.

Où trouver le vrai problème de vos clients

« Je veux plus de trafic » est une demande, pas encore un problème. Derrière, il peut y avoir une perte de parts de marché, trop peu de demandes commerciales ou un budget difficile à défendre. Le problème réel reste donc une hypothèse tant que vous ne l’avez pas vérifié. Croisez plusieurs sources, parce qu’aucune ne suffit seule :

Dans vos notes, séparez les mots exacts de vos clients, votre interprétation et les faits mesurés. Un client peut dire « Je dépense sans savoir quelles campagnes génèrent des ventes ». C’est son constat ; l’examen du compte doit encore en établir la cause.

Ce qu’une recherche Google indique sur la personne

Le mot clé est ce que vous choisissez de cibler, la requête est ce que la personne tape. Le rapport sur les termes de recherche montre une partie des requêtes qui ont déclenché votre annonce. Aucune de ces recherches ne prouve pourtant à elle seule une émotion ou une urgence :

Plus la recherche est précise, plus votre réponse peut l’être, sans pour autant dramatiser le message.

Montrer les conséquences sans manipuler

Le mot « agiter » pousse à surjouer le problème. Pour savoir si vous restez du bon côté, vérifiez ces points plutôt que vos intentions :

Prenez un suivi des conversions incomplet : Google Ads ne compte qu’une partie des appels, des formulaires ou des achats que vos campagnes génèrent. Vous pouvez alors écrire : « Vous reconduisez le budget sans savoir quelles campagnes apportent les demandes sérieuses. » Cette phrase n’est honnête qu’une fois le diagnostic vérifié. Le but n’est pas d’augmenter la peur, mais de montrer ce qui change si rien n’est corrigé.

L’agitation devient manipulatrice quand elle invente une menace, grossit un risque, profite d’une fragilité ou crée une urgence sans raison. Elle attire l’attention, mais elle expose la marque à une perte de confiance et fait naître des attentes que l’offre ne satisfera pas.

Cinq erreurs qui rendent le message peu crédible

  1. Prêter un vécu au lecteur. « Vous avez sûrement vécu… » ne correspond pas au lecteur si la supposition est fausse. Décrivez la situation et laissez la personne s’y reconnaître, ou non.
  2. Rester invérifiable. « Vous perdez de l’argent » ne chiffre pas la perte. Appuyez-vous plutôt sur la dépense de la période, les demandes sérieuses obtenues et votre marge.
  3. Se tromper de registre. Un dirigeant et un responsable marketing n’attendent pas le même niveau technique. Expliquez le mécanisme quand il le faut, sans bannir les mots que votre public maîtrise.
  4. Faire relire par n’importe qui. Choisissez des lecteurs proches de votre cible. Demandez-leur ce qu’ils ont compris, ce qui leur semble exagéré et quelle preuve leur manque.
  5. Supposer que le lecteur connaît déjà le problème. Un problème mal compris peut demander d’abord une explication ou une démonstration. Le dramatiser sans preuve augmente le risque de rejet et ne suffit pas à créer une urgence.

Quand choisir PAS, et quand l’éviter

Changez d’approche dans ces situations :

Ce que le public sait déjà reste une estimation, et un clic ne suffit pas à le mesurer. Le ton ne se déduit pas non plus du secteur : une ouverture positive peut convenir à un sujet urgent. Testez plutôt ce que vos lecteurs comprennent et ce qu’ils croient. Un public fragile ou une offre sans preuve demandent aussi plus de retenue.

Les quatre conditions pour garder PAS

Gardez PAS quand toutes ces conditions sont réunies :

Si l’une manque, changez d’ouverture ou retournez chercher les faits. Un bon texte n’exagère pas : il sépare ce qui est observé, supposé et promis.

PAS dans une annonce, un e-mail ou une page

Pour apparaître dans les résultats de recherche Google, vous écrivez une annonce responsive, c’est-à-dire une annonce faite de plusieurs titres et descriptions. Google les assemble dans un ordre variable, et un titre peut ne pas s’afficher à chaque fois. Écrivez donc chaque titre pour qu’il ait un sens seul et avec les autres.

L’aide Google sur les annonces responsives fixe la limite à 30 caractères par titre et à 90 caractères par description. Vous pouvez épingler un titre, c’est-à-dire le fixer à une position, mais cela réduit le nombre de combinaisons possibles.

Un e-mail ou une page laisse plus de place au contexte, mais aucun nombre de paragraphes ne garantit que le lecteur suive. Un cas réel ou un chiffre doit être vérifiable ; un exemple fictif doit être présenté comme tel. Sur une page longue, répétez l’appel à l’action seulement là où le lecteur peut être prêt à décider.

Les liens et accroches ajoutés sous l’annonce peuvent servir n’importe quelle étape du message. Après le clic, le haut de la page doit tenir la promesse de l’annonce.

PAS, BAB ou PASO : quelle variante choisir

BAB (Before-After-Bridge, soit avant, après et passerelle) part de la situation actuelle et montre la situation souhaitée. Il décrit ensuite le chemin entre les deux. Les deux méthodes peuvent se combiner, et aucune ne dispense de vérifier les faits.

Choisissez selon ce dont le lecteur a besoin. S’il sous-estime une conséquence, PAS peut l’aider à la mesurer. S’il peine à se représenter le résultat, BAB peut être plus clair.

PASO : ajouter le résultat obtenu

Certaines variantes ajoutent un O pour Outcome, le résultat concret après la mise en place, avec un délai précis. Cette définition varie selon les auteurs. Posez-vous une question : après avoir compris la réponse, le lecteur a-t-il encore besoin de connaître le résultat et son délai ? Si oui, précisez-les après Solve : Solve présente l’offre, Outcome montre ce qui change ensuite. Sinon, gardez les trois temps.

Que vérifier quand le message apporte peu de demandes

Un manque de clics ou de demandes ne vient pas forcément du texte. La cause peut aussi se trouver dans le ciblage, l’offre ou la page. Vérifiez d’abord que la mesure est juste, puis testez une seule hypothèse à la fois.

Si vous réécrivez le message pour des visiteurs déjà venus, partez de la question qu’ils n’ont pas résolue, lorsqu’elle est connue. Reprendre la même agitation ne répond pas forcément à leur doute : une démonstration de la solution ou une condition précise peut être plus utile.

Sources officielles, vérifiées le 18 septembre 2026

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre PAS et AIDA ?
AIDA (Attention, Intérêt, Désir, Action) décrit une progression de l’attention vers l’action, sans exiger une ouverture sur un problème. Le ton peut y être calme, factuel ou émotionnel. PAS choisit au contraire de partir d’un problème et de ses conséquences, et ce choix doit être justifié par ce que vit votre client.
Le mot « douleur » veut-il dire qu’il faut faire peur ?
Non. En écriture publicitaire, la « douleur » désigne un problème ou une gêne que vit votre client. Ce n’est ni un diagnostic psychologique ni une permission de jouer sur la peur. Une agitation utile rend les effets du problème concrets et les relie à une solution crédible.
Faut-il épingler les titres pour garder l’ordre de PAS dans une annonce ?
Non, sauf exception : écrivez des titres qui ont un sens seuls et dans n’importe quel ordre. L’épinglage réduit les combinaisons et ne garantit pas l’affichage du troisième titre. Si un texte est obligatoire, épinglez-le au premier ou au deuxième titre et désactivez l’expansion de l’URL finale d’AI Max, qui peut ignorer l’épinglage.
PAS convient-il pour vendre un produit comme un service ?
Oui. Dans les deux cas, formulez l’objectif de votre client, le problème observé et la preuve que votre solution peut apporter. Ce qui compte, ce n’est pas ce que vous vendez, mais le fait que votre client reconnaisse déjà le problème.
Peut-on combiner PAS avec d’autres méthodes d’écriture ?
Oui. Des preuves, des réponses aux objections, BAB ou AIDA peuvent compléter PAS tant que le fil reste compréhensible. Chaque bloc doit faire avancer la décision, sans répéter la même tension ni fabriquer une urgence.
Vincent Duquesne, consultant Google Ads
Vincent Duquesne
Expert Google Ads Certifié depuis 2011 : j’ai audité et restructuré des centaines de comptes dans des dizaines de thématiques différentes. +20M€ gérés.
Google Partner Premier 2026

Vous avez besoin d’un partenaire Google Ads ?

Je vous accompagne dans la mise en place, le suivi et l’optimisation de vos campagnes Google Ads.

Réserver un appel