Google Ads propose quatre niveaux d’accès : Admin (utilisateurs + facturation), Standard (campagnes), Read-only (lecture), Email-only (notifications). Le principe directeur : chacun reçoit le niveau minimum suffisant pour son rôle, jamais plus. Ces niveaux cartographient des besoins fonctionnels, pas un degré de confiance. Accès nominatifs toujours, mot de passe partagé jamais.
L’erreur de cadrage la plus répandue est de penser les accès en termes de confiance : « je fais confiance à cette personne, donc je lui donne Admin ». C’est le mauvais axe. La gestion des accès est une brique de l’architecture d’administration de votre compte, pas un réglage isolé. Les niveaux d’accès cartographient des besoins fonctionnels, ce que la personne a besoin de faire, pas combien vous l’appréciez.
Admin : peut tout faire, y compris gérer les autres utilisateurs et la facturation. C’est le niveau du propriétaire et de l’équipe interne de confiance, pas un niveau qu’on distribue.
Standard : peut créer et gérer les campagnes, voir les rapports, recevoir les notifications, mais ne touche ni aux utilisateurs ni à la facturation. C’est le bon niveau pour un manager actif ou une agence qui pilote au quotidien : tout ce qu’il faut pour travailler, rien de ce qui touche à la gouvernance du compte.
Read-only : voir les campagnes, rapports et paramètres sans rien modifier. Parfait pour un client, un stakeholder, un observateur qui a besoin de visibilité sans pouvoir d’action.
Email-only : reçoit les notifications, rien d’autre.
La question juste n’est jamais « à quel point je lui fais confiance ? » mais « de quoi a-t-elle besoin pour son rôle ? ». Une agence qui pilote : Standard. Un client qui veut suivre : Read-only. Personne n’a « besoin » d’Admin pour gérer des campagnes, Admin sert à gérer le compte (users, facturation), pas les campagnes. La logique change d’échelle quand on raisonne en accès au niveau d’un compte administrateur MCC, où l’on rattache plusieurs comptes sous une même gouvernance.
D’où le principe qui régit tout : le moindre privilège, chacun reçoit le niveau minimum suffisant, jamais plus.
Le réflexe inverse, très courant, est de « donner Admin à toute l’équipe pour simplifier ». C’est exactement la pratique que les attaques de 2025-2026 exploitent : chaque accès Admin est une porte d’entrée supplémentaire vers votre compte, et une perte de traçabilité (qui a fait quoi, si tout le monde est Admin ?).
Le moindre privilège n’est pas de la méfiance envers vos collaborateurs ; c’est de l’hygiène, il réduit la surface d’attaque et clarifie les responsabilités.
Cette discipline rejoint directement la sécurité du compte Google Ads : moins il y a d’admins, moins un identifiant compromis peut faire de dégâts. Distribuer l’Admin largement, c’est multiplier les cibles d’un phishing, et les prises de contrôle de comptes passent précisément par là.
Deux pratiques de gouvernance, négligées et coûteuses.
La révocation immédiate. Un accès se reprend le jour où le besoin s’arrête : un collaborateur qui part, un prestataire en fin de mission, une agence qu’on quitte. La faille classique est l’ex-prestataire qui garde l’accès des mois après la fin du contrat : une porte ouverte que personne ne surveille plus.
La règle : audit régulier des permissions (qui a accès, à quel niveau, pourquoi ?) et révocation immédiate au départ, pas « quand on y pensera ».
Jamais de mot de passe partagé. La tentation de « donner les identifiants » plutôt que de configurer un accès est double-perdante : c’est à la fois moins sûr (un mot de passe qui circule est un mot de passe qui fuit, et qui contourne la 2FA nominative) et moins traçable (aucune trace de qui a agi, tout apparaît sous le même compte).
L’accès nominatif par niveau résout les deux : chacun se connecte avec son propre compte, ses propres protections, et ses actions sont attribuables. On n’accorde jamais un mot de passe ; on accorde des accès.
La limite honnête : la gestion des accès demande une discipline continue (audits, révocations) que la pression du quotidien fait sauter. C’est précisément cette négligence, pas un défaut technique, qui crée la majorité des incidents.
Avant d’accorder un accès, posez la seule bonne question : quel est le minimum dont cette personne a besoin pour son rôle ? Standard pour qui pilote, Read-only pour qui observe, Admin uniquement pour les propriétaires et l’interne.
Accordez toujours un accès nominatif, jamais un mot de passe partagé. Auditez vos permissions régulièrement et révoquez immédiatement quand un besoin s’arrête.
Le moindre privilège n’est pas de la bureaucratie : c’est ce qui garde votre compte sûr et vos responsabilités claires.
On fait le point sur qui a quoi, on révoque ce qui traîne et on remet les niveaux au bon endroit.
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