Un cabinet de recrutement, une agence d’intérim ou une ESN a deux cibles possibles sur Google Ads : des entreprises qui recrutent et des personnes qui postulent. Deux objectifs, deux valeurs, deux parcours. Séparez-les : campagnes, pages, objectifs de conversion, budgets et rapports. Un seul compte suffit dans la plupart des cas. Comptez une candidature quand elle est vraiment envoyée, puis suivez sa qualification. Jamais à la simple lecture d’une offre.
Clients et candidats tiennent dans le même compte Google Ads. À une condition : les séparer avant l’enchère, et jusqu’au résultat commercial. Le recrutement prolonge le pilier Google Ads consacré à la formation et à l'emploi, avec un piège : la même requête liée au travail sert côté candidats et risque de coûter côté entreprises.
Ne prêtez pas le même comportement aux deux publics. Le candidat postule sur ordinateur après plusieurs visites, la responsable RH cherche sur mobile entre deux rendez-vous ? Ce sont des hypothèses. L’appareil, la durée, la source : vos données le diront. Le portrait type, non.
Leurs économies n’ont rien à voir. Un brief client, une candidature envoyée et une candidature qualifiée ne se moyennent pas. Si vous les réunissez dans un même objectif principal (celui sur lequel Google enchérit), l’algorithme risque de courir après la plus fréquente, sans regarder sa valeur.
Côté entreprises, appliquez le socle Google Ads des services B2B : requêtes de prestation par spécialité et zone, annonce qui confirme le service rendu, page qui montre méthode et preuves. La conversion : un brief qualifié ou un rendez-vous qui vaut le déplacement.
Côté candidats, partez des postes, ou des familles de postes, que les gens cherchent vraiment. L’annonce mène à une offre précise ou à une page de catégorie claire. La candidature envoyée est le premier résultat. La qualification, l’entretien et le placement remontés depuis votre logiciel de recrutement disent ce que la campagne vaut.
Dans Google Ads, chaque parcours a ses campagnes, son budget et ses objectifs de conversion. Ajoutez des valeurs si votre modèle distingue un brief exploitable d’une simple prise de contact, ou une candidature qualifiée d’un formulaire incomplet. Les rapports se consolident ensuite au niveau du compte. Les décisions d’enchères, non.
| Décision | Entreprises clientes | Candidats |
|---|---|---|
| Intention de recherche | Déléguer un recrutement, choisir un cabinet ou une agence | Décrocher un poste, un contrat ou une mission |
| Page de destination | Service, méthode, preuves, prise de brief | Offre, conditions, étapes, formulaire facile à trouver |
| Résultat initial | Brief ou rendez-vous qualifié | Candidature vraiment envoyée |
| Résultat aval | Mandat, revenu ou marge | Candidature recevable, entretien, placement |
| Stratégie d’enchères | Volume fiable, valeur, contrainte commerciale | Volume, qualité remontée, coût que vous acceptez |
| Appareils | Mesurer avant d’ajuster | Un parcours mobile impeccable, sans le supposer exclusif |
| Rapport principal | Coût et valeur par brief qualifié | Coût par candidature qualifiée, puis par placement |
Avant d’ouvrir une campagne de recrutement, mettez le cabinet, l’agence ou l’employeur devant cinq décisions. Les postes prioritaires et le résultat attendu. Ce que vaut une qualification. Le budget et le délai de traitement d’une candidature. Vous partez avec des objectifs lisibles avant le premier euro.
J'accompagne les cabinets de recrutement dans la mise en place, le suivi et l'optimisation de leurs campagnes Google Ads.
Échanger sur vos campagnes
Pour l’employeur, tout commence par l’offre réelle. Métier, lieu ou télétravail, contrat, prérequis. Rémunération si vous pouvez la communiquer, étapes, date de prise de poste. Une page précise fait le tri avant le formulaire et vous épargne une partie des candidatures hors cadre. Aucun élément, salaire compris, ne garantit un meilleur taux de clic ni de meilleurs profils.
Le droit encadre le message. Le Code du travail français interdit à un employeur d’écarter une personne d’un recrutement pour un motif protégé. La directive européenne 2023/970 prévoit l’information sur la rémunération initiale ou sa fourchette, et des intitulés non sexistes. Mais au 18 juin 2026, le ministère indiquait que la transposition française restait à venir : ne présentez pas une disposition de l’avant-projet comme une obligation déjà publiée. Relisez le texte en vigueur et la convention applicable au moment de diffuser.
Suivez le parcours étape par étape. Visite qualifiée, début de formulaire, candidature envoyée. Puis candidature recevable, entretien, placement. Une seule mérite l’action de conversion initiale : la candidature envoyée. Les suivantes vous disent si la campagne amène des profils qui correspondent au poste, sans réduire un candidat à un clic ou à un CV.
Vos indicateurs relient donc les termes recherchés aux résultats du recrutement, du taux d’envoi au coût par placement, en passant par la qualification, l’entretien et le délai. Plus de formulaires sans plus de qualifications ? Ce n’est pas une amélioration.
Search capte une intention dite en toutes lettres : « emploi électricien Lyon », « mission infirmier nuit », « CDI responsable de compte ». Je commence par là dans la plupart des cas : requête, annonce et offre se lisent côte à côte.
La performance d’une campagne de recrutement tient alors à la continuité entre les termes, l’annonce et la page. Vérifiez cette chaîne par famille de postes avant d’élargir la diffusion.
Display, YouTube et Demand Gen (un type de campagne Google Ads) servent à élargir la portée. Ce qu’ils ne vous donnent pas : un ciblage certain des « candidats passifs » d’un métier précis. Les segments d’audience sont des signaux de diffusion, entre autres critères. Précision, disponibilité, éligibilité : tout dépend du pays, de l’inventaire et des règles publicitaires.
Performance Max (la campagne automatisée qui choisit elle-même où diffuser) ne mélange pas clients et candidats par nature. Le mélange vient de votre architecture : objectif commun, pages finales trop larges, assets génériques, conversions non qualifiées. Campagnes séparées, objectifs propres et liste de pages finales tenue réduisent ce risque. Elles ne rendent pas les audiences étanches pour autant. Prenez ce format seulement si son contrôle et ses rapports vous permettent de trancher.
Les règles Google sur les annonces d’emploi changent d’un pays à l’autre. Les restrictions d’accès aux opportunités visent entre autres les États-Unis et le Canada. En France, vous restez tenu par le droit local, le consentement exigé pour la personnalisation et les autres règles Google. Ouvrez le gestionnaire de règles avant de toucher à la démographie, aux segments de données (vos audiences de visiteurs) ou aux listes propriétaires.
Construisez les groupes d’annonces autour d’une intention commune : poste, contrat, spécialité, zone. La longue traîne (les requêtes longues et précises) colle plus facilement à une offre, souvent. Moins chère ou meilleure ? Pas à coup sûr. Mesurez le volume, les termes de recherche (les mots tapés qui ont déclenché l’annonce), les candidatures qualifiées et le coût par placement.
Quand les requêtes précises manquent de volume, les génériques ouvrent le marché. Testez-les dans un budget à part et lisez leurs termes. Classez-les par intention, poste et résultat avant d’ajouter des exclusions (les mots-clés négatifs). « Formation » est hors sujet pour un CDI immédiat, pertinent pour une alternance. Une liste de négatifs copiée partout risque de vous couper de bons candidats.
Côté candidats, vos liens annexes (les liens sous l’annonce) mènent vers les postes ouverts, le déroulé de la candidature ou les conditions de travail. Vos accroches (les courtes mentions de l’annonce) donnent des faits vérifiables : contrat, lieu, organisation du travail, horaires ou délai de réponse. Côté entreprises, ces assets pointent vers les spécialités, les preuves de placement et la prise de brief.
Un lien « Postuler » n’a rien à faire sur une annonce destinée aux entreprises, et inversement. Ce contrôle se fait là où vous associez les assets à la campagne, puis dans le rapport des combinaisons diffusées. La bibliothèque seule ne suffit pas.
« Agence intérim Lille » ne dit pas qui la tape : une entreprise ou un candidat. Une annonce plus explicite et des mots-clés négatifs suffisent parfois à séparer les deux. Quand l’ambiguïté reste, la double entrée laisse le visiteur choisir, au lieu de lui imposer une page à côté de sa question.
Le clic sur l’une des deux portes est un événement de navigation. Pas une conversion. Le brief client et la candidature envoyée restent vos deux seuls résultats, et vous lisez la proportion des intentions sans gonfler les conversions.
La balise Google (le code de suivi de Google Ads) se charge sur les pages autorisées, une fois le consentement géré. L’action « candidature envoyée » ne se déclenche qu’après un envoi réussi, confirmé côté serveur ou par le logiciel de recrutement dans l’idéal. Une visite d’offre, un clic sur « Postuler » ou une erreur de formulaire ne sont pas des candidatures.
Avec ce résultat unique, vous comparez vos campagnes de recrutement sans créer une conversion par canal. La source, vous la retrouvez dans les dimensions de campagne et dans votre outil d’analyse.
Le reciblage n’a rien d’obligatoire. Un candidat qui a lu une offre n’a pas demandé à être suivi partout. Si vous le faites : mesurez l’incrément (ce qu’il apporte en plus), plafonnez la répétition, limitez la durée, lisez les règles Google du pays. Demand Gen ou Display ne transforment pas cette audience en profil professionnel certain.
Rien n’oblige à enchaîner « Maximiser les conversions » puis « CPA cible » (le plus de conversions dans le budget, puis un coût par conversion visé). Le choix dépend du volume fiable, de la valeur des actions et du budget. Puis du coût que vous tolérez et de ce que vous savez remonter après le formulaire : entretiens, placements, mandats.
Chaque campagne de recrutement doit viser le résultat que l’employeur est capable de traiter. Plus de volume n’améliore rien si l’équipe ne qualifie pas les candidatures à temps.
Côté candidats, tant que les qualifications sont rares, la stratégie optimise la candidature envoyée. Quand les imports deviennent réguliers, vous basculez sur une action plus profonde. Côté entreprises, un rendez-vous pris ne vaut pas un mandat. Donnez-lui une valeur ou remontez le résultat commercial, sinon vous achetez les formulaires faciles.
Réglez des objectifs de conversion propres à chaque campagne. Candidature et brief cohabitent dans le compte, mais jamais comme deux actions principales du même objectif d’enchères sans pondération explicite. Suivez volume, coût, taux de qualification, placement et marge. Le coût par formulaire, tout seul, ne dit rien.
Une marque connue joue sur l’envie de chercher son nom, de cliquer ou de postuler. Elle ne fait pas baisser le coût par clic toute seule : enchères concurrentes, qualité au moment de l’enchère, appareil et requête bougent en même temps.
Une campagne de marque employeur a donc besoin de sa propre hypothèse et de ses indicateurs : recherches de marque, visites incrémentales, candidatures qualifiées, coût par résultat.
Si le volume le permet, mesurez l’incrément sur une zone ou une période témoin. Sur le papier, une annonce transparente sur la rémunération, les horaires et les conditions cadre mieux les attentes. Testez son effet au lieu de promettre un gain. La formation professionnelle connaît elle aussi plusieurs décideurs, et le même besoin de séparer les messages et les résultats.
Le budget candidats ne remplit pas un réservoir abstrait. Il suit les postes ouverts, les métiers en tension, le délai de recrutement et ce que vos équipes arrivent à traiter correctement.
Ce réglage ramène l’acquisition à la réalité du cabinet : postes à pourvoir, résultats attendus, charge des recruteurs. Il vous évite de remettre du budget quand le blocage est dans le traitement des candidatures.
Reliez le coût par candidature qualifiée au taux d’entretien, au placement, au délai de pourvoi et à la marge du mandat. Une campagne bon marché ne sert à rien si les profils ne collent pas. Une campagne plus chère se défend sur un poste dont la vacance bloque une activité.
Gardez une voix respectueuse dans les rapports comme dans les annonces : flux de candidatures, renouvellement du vivier, personnes intéressées, métiers en tension. Les candidats ne sont pas un stock. Encore moins une matière première.
Google Ads complète les sites d’emploi, la cooptation, les partenariats écoles, l’approche directe et le référencement naturel. Sa place dépend du volume de recherche, de la zone, de l’urgence et de la concurrence. Aucun canal ne garantit un recrutement tout seul.
Vous pouvez promouvoir la candidature spontanée sans poste immédiatement ouvert, à une condition : le dire clairement. À quoi sert le vivier, quelle réponse le candidat recevra, combien de temps vous gardez son CV, quels sont ses droits. La CNIL recommande le consentement pour garder un CV dans un vivier, et deux ans maximum depuis le dernier contact. Elle admet aussi l’intérêt légitime, à condition d’informer le candidat et de lui laisser une opposition simple.
Pas de fausse offre pour ramasser des CV. Une page « candidature spontanée » assume ce qu’elle est, ne demande que les données nécessaires et permet l’effacement ou l’opposition, en fonction de la base légale retenue.
Sur un audit de campagne de recrutement, je regarde dans l’ordre : intention, pages autorisées, objectifs principaux. Puis déduplication, qualification importée, budget. Enfin stratégie d’enchères, règles de ciblage, consentement et capacité à répondre aux candidats. Ce cadre complète le pilier formation et emploi.
Même vigilance quand plusieurs personnes pèsent sur une conversion, comme dans les campagnes Google Ads pour les écoles supérieures. Séparer les parcours, ce n’est pas inventer des comportements figés. C’est donner à chaque objectif sa mesure et son budget.
Sources officielles consultées le 16 juillet 2026 : Code du travail, principe de non-discrimination, directive européenne sur la transparence des rémunérations, état de la transposition française au 18 juin 2026, guide recrutement de la CNIL, règles Google sur la publicité personnalisée et règles de collecte et de consentement Google Ads.
On sépare clients et candidats et on remonte la qualification pour payer le bon résultat.
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