Vous avez reçu la proposition par email, par téléphone, après un salon : « on vous fait un audit gratuit de votre compte Google Ads, sans engagement ». La question n’est pas de l’accepter ou non, c’est de savoir le lire.
Il existe deux objets très différents sous ce même nom. L’un coûte trois clics, c’est un script. L’autre coûte des heures senior, c’est un diagnostic.
Le premier indice arrive avant même l’audit : ce qu’on vous demande pour le faire.
Faux audit Google Ads : les cinq marqueurs du script
Le faux audit se reconnaît à cinq marqueurs, tous vérifiables.
- La vitesse : livré en 24-48 heures. Personne n’analyse un compte sérieusement en si peu de temps ; un script, si.
- Le silence : aucune question ne vous a été posée, ni vos marges, ni votre capacité, ni vos objectifs. On a « audité » une machine sans savoir ce qu’elle doit produire, ce qui est exactement aussi utile que diagnostiquer un moteur sans savoir où la voiture doit aller.
- La preuve recyclée : le « score d’optimisation » de Google brandi en verdict. C’est un indicateur de la plateforme dont une partie des recommandations pousse mécaniquement à dépenser plus ; le citer comme diagnostic, c’est refacturer en expertise ce que votre compte affiche gratuitement.
- La peur chiffrée : « vous perdez 2 340 € par mois », un chiffre précis, anxiogène et invérifiable, conçu pour créer l’urgence qui signe.
- L’universalité : les recommandations qui iraient à n’importe quel compte (« ajoutez des mots-clés négatifs », « testez le ciblage large », « activez les extensions »). Le test est simple : si l’audit s’applique aussi bien au compte de votre concurrent, il n’a audité personne.
L’erreur que je vois le plus
Signer dans les jours qui suivent un audit qui chiffre vos « pertes » au centime. Ce chiffre n’existe que pour créer l’urgence. Un constat sérieux se vérifie dans votre propre compte avant toute signature, jamais sur la foi d’un montant qu’on ne peut pas recalculer.
Vrai audit Google Ads : les quatre marqueurs symétriques
Le diagnostic sérieux s’annonce dès l’avant, par quatre signes inverses.
- Il commence par vous interroger : vos marges par offre, votre capacité, vos meilleurs clients, vos saisons. Sans cela, impossible de dire si un coût par lead est bon ou ruineux.
- Il va aux endroits qui fâchent : le rapport des termes de recherche (ce que le budget achète vraiment), et le grand oublié des audits-scripts, la fiabilité de la mesure. Une grande partie des comptes ont d’abord un problème de conversions (doublons, déclencheurs cassés, valeurs absentes) avant tout problème de réglages. Auditer des réglages sur une mesure fausse revient à régler un moteur au son.
- Il distingue la structure de la stratégie : un compte peut être techniquement propre et stratégiquement vide. La grille complète de ce qu’un pilotage doit couvrir dépasse les cases cochées.
- Il avoue son périmètre : ce qu’il a vu, ce qu’il n’a pas pu voir (sans accès au CRM, sans historique long, sans vos chiffres de vente), et ce qui reste à creuser.
Un « gratuit » peut être honnête à condition d’être borné et de le dire : un avis de surface en échange d’une conversation, jamais un plan d’action complet.
Ce qu’il faut exiger, et la règle des accès non négociable
Quel que soit l’auditeur, exigez deux livrables.
- Des constats vérifiables par vous-même : « voici trois requêtes qui ont dépensé X € ce trimestre sans aucun lead, allez voir » vaut tous les scores. Vous devez pouvoir contrôler chaque affirmation dans votre propre compte (l’audit en dix minutes vous y a déjà entraîné).
- La liste de ce qu’il n’a pas vu : l’auditeur qui prétend avoir tout vu en quelques jours sans vos données de vente affiche son sérieux en creux.
Le conseil de terrain
Pour un audit, donnez toujours un accès en lecture seule, à votre invitation, et révocable d’un clic. Jamais d’accès administrateur, jamais le « ajoutez notre adresse en admin pour qu’on regarde ». On ne confie pas les clés pour un diagnostic, et le professionnel sérieux ne les demande pas.
C’est la règle de sécurité non négociable avant tout audit. Un accès admin laissé à un commercial, c’est votre compte, votre budget et votre historique entre des mains que vous ne contrôlez plus.
À retenir
- Un audit gratuit vaut ce qu’il a coûté à celui qui l’a fait : trois clics donnent un script, des heures senior donnent un diagnostic.
- Le faux audit se repère à cinq marqueurs : vitesse, zéro question business, score d’optimisation recyclé, peur chiffrée invérifiable, recommandations universelles.
- Exigez deux livrables : des constats que vous pouvez vérifier vous-même, et la liste de ce que l’auditeur n’a pas pu voir.
- Accès en lecture seule révocable, jamais admin. Et ne signez jamais sous l’urgence d’un chiffre de « pertes ».
La transparence due : qui audite, et pourquoi
Je fais des audits : cette page décrit donc aussi ce que je vends, et vous avez le droit de lire ce qui suit avec cette information.
L’audit sérieux est un produit d’appel assumé dans toute la profession : il démontre une compétence en espérant la suite, ce qui n’est un problème que s’il est malhonnête (urgences inventées, constats invérifiables, accès abusifs).
La grille de cette page est symétrique par construction : appliquez-la à tous vos auditeurs, moi compris. C’est exactement son rôle, comme tout le pilier : vous donner les critères, pas les conclusions.
Vous hésitiez à accepter un audit gratuit. La vraie question : que vous a-t-on demandé avant de commencer, des accès admin et 24 heures, ou vos marges et vos accès en lecture ?
Si vous voulez une contre-lecture d’un audit reçu, ou un diagnostic qui commence par les bonnes questions, dites-le moi, en choisissant votre prestataire avec la grille complète.
VD
Vincent Duquesne
Consultant Google Ads / SEA freelance depuis 2011 · +100 comptes · +20 M€ gérés
Google Partner Premier 2026
Publié le 15 juin 2026 · Mis à jour le 15 juin 2026