Le seuil de rentabilité de vos publicités Google Ads se calcule en divisant 1 par votre taux de marge sur coûts variables, avant publicité. À 40 % de marge, il faut 2,5 € de ventes pour 1 € de publicité ; en dessous, la marge des ventes concernées ne couvre pas leur coût publicitaire. Calculez ce seuil avant de fixer l’objectif donné à Google.
Le seuil de rentabilité du ROAS, ou break-even ROAS, est l’un des sept chiffres de l’économie unitaire Google Ads. Ces chiffres montrent ce que chaque vente vous rapporte et vous coûte, et déterminent ensemble votre budget et vos objectifs.
Le ROAS divise le montant des ventes attribuées à vos annonces par leur coût publicitaire : un ROAS de 4 signifie 4 € de ventes pour 1 € de publicité.
Le seuil de rentabilité, aussi appelé ROAS au point mort, est le niveau où la publicité ne vous fait ni gagner ni perdre d’argent, avant vos frais fixes. Il tient en une division : 1 ÷ votre taux de marge sur coûts variables, avant publicité. Ce taux exprime la part du prix qui reste après les coûts liés aux commandes.
Ces marges sont des exemples, pas des repères par secteur. Si chaque euro de vente dégage 40 centimes de marge, il faut 2,5 € de ventes pour couvrir 1 € de publicité. Pile à 2,5, la publicité se paie elle-même sans rien rapporter ; en dessous, vous payez pour vendre.
Un ROAS supérieur à 1 n’est donc pas rentable en soi. Si une boutique à 25 % de marge affiche un ROAS de 3, la marge des ventes concernées ne couvre pas la publicité. Le seuil suit la marge des ventes concernées, quel que soit le type de campagne : il peut donc changer d’une catégorie de produits à l’autre.
Tout repose sur votre marge après coûts variables. Calculez-la avec vos chiffres de gestion.
La marge utile ici n’est pas la marge comptable brute. Peu importe le nom du coût : tout ce qui varie avec la commande entre dans le calcul.
Prenons un produit vendu 100 €, acheté 40 €, avec 5 € de port et 2 € de frais de carte bancaire. La marge est alors de 53 %, et le seuil d’environ 1,89. Si vous ne comptiez que l’achat, vous obtiendriez 60 % de marge et un seuil à 1,67. Un ROAS entre les deux vous semblerait rentable, alors qu’il reste sous le vrai seuil.
Le loyer et la part fixe des salaires ou des abonnements n’entrent pas dans cette marge. La marge qui reste après la publicité doit aussi couvrir ces frais fixes. Le budget publicitaire n’y entre pas non plus, puisque c’est à lui que le ROAS compare les ventes. TVA, droits de douane et frais d’importation ne comptent que si votre entreprise les supporte, selon le pays et les conditions de livraison prévues au contrat.
Quand un produit vous est retourné, vous perdez la marge de la vente et vous payez des frais en plus. Il s’agit du transport retour s’il est à votre charge, de la remise en stock ou de la perte d’un article abîmé, et des frais bancaires non remboursés. Un seuil calculé sans les retours est donc trop optimiste dès que ces retours pèsent sur votre marge.
Relevez les données suivantes par commande, en montants nets des frais qui vous sont remboursés, pour ne rien compter deux fois.
La marge attendue par commande vaut P − C − r × (A + T − V). Divisez-la par P pour obtenir le taux de marge corrigé, puis divisez 1 par ce taux. Ce seuil utilise les ventes avant remboursement. Si Google reçoit des ventes nettes de remboursements, divisez plutôt la marge attendue par P − r × A.
Prenons une vente de 100 €, 55 € de coûts variables, 10 % de retours, 100 € remboursés en moyenne, 8 € de traitement et 35 € récupérés. La marge attendue vaut 100 − 55 − 0,10 × (100 + 8 − 35), soit 37,70 €. La marge corrigée est donc de 37,7 %, et le seuil passe à 2,65 au lieu de 2,22 sans retours.
Plus votre taux de retour monte, plus l’écart avec le seuil sans retours se creuse. Mesurez votre taux réel, utilisez-le dans la formule et comparez le résultat au ROAS que vous visez aujourd’hui.
Pour chaque achat que Google Ads enregistre, votre site lui transmet un montant : la valeur de conversion. Le ROAS cible, l’objectif que vous donnez à Google, s’exprime en pourcentage de cette valeur.
| Valeur transmise | Seuil, exprimé comme dans Google Ads |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 1 ÷ marge, en % (40 % de marge → 250 %) |
| Marge | Environ 100 %, si chaque euro transmis est bien un euro de marge |
Les deux choix se défendent, mais les confondre fausse vos objectifs. Si vous transmettez la marge avant publicité, vous optimisez cette valeur. Elle ne représente pas le bénéfice net, et le ratio n’est plus comparable à un ROAS sur chiffre d’affaires.
Pour des devis ou demandes de contact sans valeur de vente fiable, ce calcul ne s’applique pas tel quel. Partez alors de ce que vous coûtent une demande de contact et chaque conversion enregistrée par Google Ads, c’est-à-dire de votre CPL et de votre CPA.
Le point mort calculé ici couvre les coûts variables retenus et la publicité. Il ne finance pas encore vos frais fixes ni le bénéfice voulu. Le choix d’une cible au-dessus de ce seuil relève d’une seconde décision, présentée dans le guide du ROAS cible.
Si vous comptez sur les réachats pour accepter un coût d’acquisition supérieur, estimez la valeur vie client (LTV) à partir de la marge et de la rétention observées. Gardez ce pari distinct du point mort de la première commande : votre trésorerie doit financer l’attente et le risque de non-réachat.
Google peut recommander un ROAS cible d’après vos résultats récents. Ce chiffre aide à juger si une cible est atteignable, mais pas si elle couvre vos coûts. Une cible nettement supérieure à la recommandation peut limiter le trafic, et la stratégie a besoin de temps pour s’adapter après une modification.
Recopier votre ROAS passé revient à demander à Google de refaire comme avant, même si ce passé était sous votre seuil. Comparez le seuil calculé à vos résultats pour voir s’il est atteignable.
Le seuil reste valable tant que vos prix, vos coûts variables, vos retours et la répartition de vos ventes ne bougent pas.
Recalculez le seuil avant de toucher au ROAS cible dans chacun de ces cas.
En dehors de ces cas, fixez un rythme adapté à la fréquence de vos changements de prix et de catalogue. Partez d’une revue par trimestre, et demandez-vous à chaque fois si le ROAS cible correspond encore à votre marge.
Deux gammes aux marges différentes ont deux seuils différents, et un ROAS cible unique peut être trop bas pour l’une et trop exigeant pour l’autre. Séparez-les dans des campagnes distinctes, ou transmettez la marge de chaque produit comme valeur de conversion.
Je vous accompagne dans la mise en place, le suivi et l’optimisation de vos campagnes Google Ads.
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