AccueilSecteursBrand vs non-brand : votre ROAS global ment, voici lequel regarder

Brand vs non-brand : votre ROAS global ment, voici lequel regarder

En bref

Le mensonge statistique n°1 du canal : la MARQUE récolte une demande créée ailleurs (Quality Score écrasant, CPA imbattable, photographie de votre notoriété, pas de performance), tandis que le HORS-MARQUE sème (le vrai prix d’un nouveau client). Les mélanger dans une moyenne, c’est croire que vos campagnes acquièrent alors que vos clients vous cherchaient déjà.

Prenons un compte « qui marche » : ROAS global de 8, tout le monde est content. Ouvrons-le : 70 % des conversions viennent de requêtes contenant le nom de l’entreprise, des gens qui la connaissaient déjà, envoyés par le bouche-à-oreille, une recommandation, un retour client.

Sur le reste, la vraie conquête, le ROAS est de 2,5, sous le seuil de rentabilité.

Ce compte ne « marche » pas : il récolte une notoriété acquise ailleurs et perd de l’argent sur l’acquisition, mais sa moyenne dit le contraire.

C’est le mensonge statistique le plus répandu du canal, et il a un remède structurel : séparer la marque du hors-marque, deux campagnes, deux budgets, deux lectures.

Deux économies que tout oppose

La marque récolte. La requête qui contient votre nom est tapée par quelqu’un que vous avez déjà convaincu, par la réputation, le réseau, une visite passée. Tout y est anormalement bon : le Quality Score écrase celui des tiers, le CPC est faible, la conversion forte, le CPA imbattable. Ce n’est pas de la performance publicitaire, c’est la photographie de votre notoriété.

Le hors-marque sème. La requête générique (« logiciel de caisse », « plombier lyon », « chaussures trail ») est tapée par quelqu’un qui ne vous connaît pas : le CPC est au prix du marché, la conversion au taux du marché, et le CPA qui en sort est le vrai prix d’un nouveau client. C’est lui, et lui seul, qui dit si le canal fait croître l’entreprise.

Mélanger les deux dans une moyenne, c’est diluer le prix de la conquête dans la gratuité relative de la récolte : le chiffre qui en sort ne pilote rien.

Marque Hors-marque
Capte une demande créée ailleurs une demande à conquérir
Quality Score écrasant normal à faible
CPA imbattable (donc trompeur) le vrai prix d’un nouveau client
Ce que ça mesure votre notoriété votre acquisition
Erreur les fondre dans une moyenne, croire qu’on performe alors qu’on est cherché

La séparation structurelle : campagnes, négatifs, budgets

La règle s’implémente en trois gestes :

Les deux lectures : couverture et acquisition

Chaque campagne a son tableau de bord.

La marque se juge en couverture : quelle part des recherches de votre nom voit votre annonce (la part d’impression sur les requêtes de marque), à quel coût de couverture, un coût d’assurance, pas un coût d’acquisition.

Le hors-marque se juge en acquisition : le CPA ou le ROAS réel, confronté à la borne que votre économie autorise, et c’est CE chiffre qu’on annonce en comité de direction quand on parle de la performance du canal.

La discipline de reporting qui en découle vaut d’être écrite : tout rapport qui présente un ROAS global sans la décomposition marque/hors-marque cache, volontairement ou non, la seule information qui compte.

L’incrémentalité : la question piège, traitée honnêtement

Reste l’objection classique : « ceux qui tapent mon nom m’auraient trouvé en organique, pourquoi payer ? » La réponse honnête est conditionnelle.

Si des tiers enchérissent sur votre nom, concurrents, intermédiaires, comparateurs, la campagne de marque est largement incrémentale : elle défend des clients acquis contre l’interception (le calcul complet vit dans la page protection de marque).

Si personne n’attaque et que votre organique domine le premier écran, une part du clic marque est cannibale, vous payez un clic qui serait venu gratuitement.

Entre les convictions des deux camps, le test tranche : l’extinction prudente, couper la marque sur une zone ou une fenêtre, mesurer le report réel vers l’organique et la fuite réelle vers les tiers, donne en quelques semaines la réponse de VOTRE situation, qui n’est ni celle des études de plateforme ni celle des sceptiques de principe.

A retenir
  • La campagne de marque mesure votre notoriété, pas votre performance : CPA bas parce que la demande est déjà créée ailleurs.
  • Le hors-marque donne le vrai prix d’un nouveau client : c’est le seul chiffre qui compte pour la croissance.
  • Séparez structurellement : campagnes dédiées, votre nom en négatif sur toutes les campagnes génériques, budgets distincts.
  • La marque se pilote à la couverture (part d’impression) ; le hors-marque se pilote à la borne économique (CPA/ROAS d’acquisition).
  • L’incrémentalité de la marque est conditionnelle : si des tiers attaquent votre nom, défendez ; sinon, testez avant de conclure.

Pour qui, et la limite

Tout annonceur dont le nom génère des recherches, c’est-à-dire tout annonceur établi ; le très jeune compte sans notoriété n’a simplement pas encore de volet marque.

La limite, sans détour : la séparation rend la lecture honnête, elle ne rend pas le hors-marque rentable. Découvrir que son vrai CPA d’acquisition est le double du chiffre affiché est désagréable et utile : c’est le point de départ des décisions qui comptent (la borne, l’articulation des étages du funnel, l’offre elle-même).

Le mensonge de la moyenne était plus confortable ; il ne menait nulle part.

Vous pensiez que votre compte marchait. La vraie question : quel est votre ROAS hors marque, et votre nom est-il exclu de vos campagnes génériques ?

Si votre reporting ne fait pas la différence, dites-le moi : on sépare, on relit, et on décide sur les vrais chiffres, dans le cadre du pilier stratégie.

La marque récolte, le hors-marque sème, un seul chiffre pour les deux ne pilote rien.

VD
Vincent Duquesne
Consultant Google Ads / SEA freelance depuis 2011 · +100 comptes · +20 M€ gérés
Google Partner Premier 2026
Publié le 15 juin 2026 · Mis à jour le 15 juin 2026

Votre ROAS global ment sur l'acquisition ?

Marque et hors-marque mélangés, c'est un angle mort. On ouvre le compte et on lit les vrais chiffres.

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