Ne recopiez pas un bloc juridique partout. Vérifiez quatre choses séparément : le support diffusé, l’auteur et le commanditaire, le public visé, puis les données traitées. Les mentions du site, l’identification d’une publicité en ligne, les règles sectorielles et l’information RGPD n’ont ni le même déclencheur ni le même emplacement.
La conformité des campagnes Google Ads commence par un tri, pas par un pavé de mentions copié partout. Pour chaque création, je regarde le support, l’identité de celui qui parle et de celui qui paie, l’offre, le public, puis les données collectées. Le droit français et les règles Google Ads se contrôlent séparément sur l’annonce, ses composants, la page de destination et le formulaire.
« Mentions légales » recouvre ici quatre sujets que je refuse de mélanger. Les mentions du site identifient son éditeur. L’article 20 de la LCEN identifie la publicité en ligne et son commanditaire. Le Code de la consommation interdit les pratiques trompeuses envers les consommateurs. Enfin, une profession, un produit, un formulaire ou un traceur peut déclencher ses propres informations. Il n’existe donc pas de bloc universel valable pour toute campagne.
Pour une entreprise individuelle, vérifiez au minimum les nom et prénom, l’adresse, le téléphone, l’adresse électronique et l’immatriculation lorsqu’elle s’applique. Pour une société, vérifiez la dénomination, la forme juridique, le capital, le siège, les contacts, l’immatriculation et le numéro de TVA lorsqu’il existe. Ajoutez le directeur de la publication, l’hébergeur et, pour une activité réglementée, l’autorité compétente et les références professionnelles requises. Le ministère de l’Économie publie une liste distincte pour personnes physiques et sociétés.
Depuis le 23 mai 2024, ces informations d’éditeur sont portées par l’article 1-1 de la LCEN, et non par l’ancien article 6 III. Elles doivent être mises à la disposition du public dans un standard ouvert. En pratique, rendez-les facilement accessibles depuis tout le site, sur une page dédiée ou, lorsque le montage le permet, avec les CGV. Les recopier sur chaque page de destination n’est pas la règle. Ne confondez pas non plus l’éditeur du site avec la personne pour le compte de laquelle la publicité est réalisée. Ils peuvent coïncider, mais une agence, une plateforme d’affiliation, une marque et un distributeur peuvent occuper des rôles différents. Le contrôle se fait exigence par exigence.
L’article 20 de la LCEN pose deux exigences pour toute publicité accessible par un service de communication au public en ligne : son caractère publicitaire doit être clairement identifiable, et la personne physique ou morale pour le compte de laquelle elle est réalisée doit l’être aussi. Ce n’est pas la liste des mentions du site ; c’est une exigence propre à ce canal.
Dans le Réseau de Recherche ou sur le Réseau Display, le libellé affiché par Google peut rendre la nature publicitaire du format reconnaissable. Il ne remplace ni l’identification du commanditaire lorsque celle-ci manque, ni une mention imposée par le crédit, l’alcool, l’immobilier ou une autre réglementation sectorielle. Ajouter soi-même « Publicité » dans chaque création n’est donc ni systématiquement nécessaire ni systématiquement suffisant.
Une page qui imite un article éditorial se juge sur l’impression d’ensemble : nature payante du contenu, visibilité du commanditaire, contexte, promesse et éventuelle dissimulation. Le simple fait qu’elle reçoive du trafic publicitaire ne la rend pas automatiquement illicite. En revanche, masquer qui parle ou présenter une offre comme un avis indépendant peut faire basculer l’analyse.
Les pratiques commerciales trompeuses sont définies par les articles L. 121-2 à L. 121-4 du Code de la consommation. L’article L. 121-2 vise notamment la confusion, les allégations fausses ou de nature à induire en erreur et l’identité du professionnel. L’omission d’une information substantielle relève d’une autre branche du même ensemble. La qualification dépend des faits, pas du budget média.
| Cas | Emprisonnement | Amende | Autorité |
|---|---|---|---|
| Pratique trompeuse en ligne, article L. 132-2 | Jusqu’à 5 ans | Jusqu’à 750 000 € ; plafond possible de 10 % du chiffre d’affaires annuel moyen ou 50 % des dépenses engagées, porté à 80 % pour certaines allégations environnementales | DGCCRF, tribunal |
| Pratique suivie de contrats / commise en bande organisée | Jusqu’à 3 ans / jusqu’à 7 ans | Montant prévu par L. 132-2, selon la qualification retenue | Parquet |
| Défaut d’identification de l’éditeur, article 1-2 de la LCEN | Jusqu’à 1 an pour la personne physique ou le dirigeant de droit ou de fait | 75 000 € ; jusqu’à 375 000 € pour une personne morale par le jeu de l’article 131-38 du Code pénal | Tribunal |
SignalConso est le parcours prévu pour un consommateur. Un professionnel ou un concurrent suit les voies indiquées par la DGCCRF, l’autorité sectorielle ou le tribunal selon son intérêt et le manquement invoqué. Une promesse de prix introuvable, un faux comparatif ou l’identité masquée de l’annonceur peuvent donc produire des suites différentes. Il faut qualifier le fait avant de choisir le guichet.
Avocat, médecin, expert-comptable, architecte et agent immobilier ne partagent pas une même liste de mentions publicitaires. Le titre, l’ordre ou l’organisme, l’État de délivrance, une autorisation et les règles professionnelles peuvent devoir figurer sur le site ; leur présence dans une annonce dépend ensuite du texte propre à la profession et du support. Vérifiez la source de l’autorité concernée, profession par profession.
L’immobilier montre bien la différence. Une annonce de vente publiée par un professionnel comporte notamment le prix et les honoraires selon leur répartition, le DPE, l’information Géorisques lorsqu’elle est requise, le numéro SIREN et la mention d’inscription au guichet unique. La fiche officielle détaille ces cas. La carte professionnelle et son autorité relèvent par ailleurs des informations du professionnel ; je ne les force pas dans toute création sans disposition qui l’impose.
Pour l’alcool, les articles L. 3323-2 à L. 3323-4 du Code de la santé publique encadrent des objets différents : supports autorisés, contenu de la publicité et message sanitaire, avec des exceptions liées au support. Le numérique est admis sous conditions, notamment hors sites principalement destinés à la jeunesse ou au sport et sans format intrusif ni interstitiel. Le message « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » s’impose dans les cas prévus par les textes en vigueur.
Pour le crédit à la consommation, la formule applicable au 25 juillet 2026, hors publicité radiodiffusée, est : « Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager ». Dès qu’un taux ou des données chiffrées liées au coût apparaissent, l’exemple représentatif et ses informations entrent en jeu. En investissement, il n’existe pas une alerte universelle à coller partout : la communication doit être claire, exacte, non trompeuse et équilibrer avantages et risques selon le produit, comme le rappellent l’AMF et l’ACPR.
La santé est tout aussi hétérogène : médicament, dispositif médical, établissement, professionnel ou service n’obéissent pas au même régime. Certains messages sont autorisés sous conditions, d’autres réservés aux professionnels ou interdits au public. Même méthode pour les jeux d’argent et les actifs numériques : partez du produit exact, de l’auteur, du public et du support. Une liste de contrôle générale ne peut être qu’un point de départ non exhaustif.
Le dépôt ou la lecture de traceurs publicitaires relève d’abord de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés ; le RGPD encadre les traitements de données associés. Selon la doctrine de la CNIL, le consentement doit être libre, spécifique par finalité, éclairé et univoque, donné par un acte positif. Il doit pouvoir être retiré aussi facilement qu’il a été donné, le refus doit être simple, et le responsable doit pouvoir en apporter la preuve.
Un outil de mesure d’audience n’est pas exempté parce qu’il produit des statistiques. Les conditions de l’exemption sont cumulatives : finalité strictement limitée à la mesure pour le compte de l’éditeur, données anonymes, absence de suivi global entre sites et de réutilisation ou transmission incompatible, entre autres paramètres. Dès qu’une finalité publicitaire ou un recoupement s’ajoute, reprenez l’analyse.
La plateforme de gestion du consentement recueille et conserve le choix ; le mode Consentement transmet cet état à Google et adapte les balises. En mode de base, les balises Google sont bloquées avant l’interaction et rien n’est envoyé sans accord. En mode avancé, elles peuvent envoyer des signaux sans cookie lorsque le consentement est refusé. Google documente cette différence. Ce paramétrage n’est pas une preuve de conformité. Le TCF est un cadre industriel facultatif ; il ne remplace ni le droit français, ni les exigences de consentement de Google dans l’Espace économique européen, ni les obligations éventuellement liées au DMA. L’effet sur la mesure dépend du mode, des balises, des choix reçus et des seuils de modélisation.
Pas forcément sous la forme d’un document séparé. Les mentions légales du site identifient l’éditeur ; l’information sur les données explique le traitement. Elle peut être organisée en plusieurs niveaux : l’essentiel au formulaire ou au bandeau, puis le détail dans une page accessible. Ce qui compte est de fournir l’information au bon moment, de façon concise, compréhensible et complète, pas d’ajouter une page intitulée « confidentialité » pour la forme.
Les articles 13 et 14 du RGPD couvrent notamment l’identité et les coordonnées du responsable et, le cas échéant, du délégué, les finalités et bases juridiques, l’intérêt légitime invoqué, les destinataires, les transferts hors Union, la durée ou ses critères, le caractère obligatoire ou facultatif des données et les conséquences d’un défaut de réponse. Ajoutez les droits d’accès, de rectification, d’effacement, de limitation, d’opposition et de portabilité, le retrait du consentement, la réclamation auprès de la CNIL et les décisions automatisées pertinentes. En collecte indirecte, précisez catégories et source des données. Le droit à l’effacement existe sous conditions ; ce n’est pas une suppression automatique de toute donnée. Pour relancer une demande, qualifiez la base et la compatibilité de la finalité, puis appliquez les règles propres à la prospection par adresse électronique. Parlez de prospect, de suivi, de durée de conservation et de gestion de la relation client : ce sont les opérations réelles qu’il faut documenter.
L’annonceur répond de ses offres et l’éditeur de son site, mais la gestion des données ne se règle pas avec ces seules étiquettes. Les rôles se déduisent des décisions réellement prises. Une agence qui exécute des instructions peut être sous-traitante ; celle qui détermine ses propres finalités peut devenir responsable ; des décisions communes peuvent créer une responsabilité conjointe. La CNIL demande une analyse concrète des finalités et des moyens.
Écrivez la répartition avant la mise en ligne : validation des créations, contrôle de la page, mise à jour des mentions, paramétrage des balises, conservation des choix et traitement des droits. Si l’agence est sous-traitante, l’article 28 impose un contrat ou un acte juridique précis. Si les acteurs déterminent ensemble finalités et moyens, l’article 26 impose un accord transparent sur leurs obligations respectives. Une clause ne change pas artificiellement les rôles ; elle doit refléter le fonctionnement réel.
Le format ne change pas le texte applicable, mais il change la façon de satisfaire chaque obligation. Pour chacune, posez trois questions : doit-elle figurer dans la publicité elle-même, peut-elle rester facilement accessible sur le site, ou doit-elle apparaître au moment de la collecte ? Sur le Réseau de Recherche comme sur le Réseau Display, une information que la loi exige dans la publicité doit rester claire, visible et lisible dans le rendu réellement diffusé.
Ne transformez pas cette méthode en ligne universelle au bas de toutes les créations. L’avertissement sanitaire sur l’alcool, la mention du crédit, un exemple représentatif ou une information immobilière ne se placent pas selon la même logique. Si un format ne permet pas de rendre lisible une mention obligatoire dans la publicité, changez le format ou la présentation. Un lien vers la page de destination ne déplace pas une exigence que la disposition attache à l’annonce.
Google applique ses propres politiques avec des systèmes automatisés et des examens humains. Selon le manquement, la plateforme peut bloquer une annonce ou un composant, limiter son éligibilité à la diffusion, mettre un compte en veille, le bloquer temporairement ou le suspendre. Les avertissements sont progressifs pour certains manquements répétés ; un manquement flagrant peut conduire à une suspension immédiate sans avertissement. La procédure officielle distingue ces mesures et les recours. Aucune acceptation par Google ne vaut validation du droit français.
Le cas des marques illustre ce cumul. Google ne restreint pas une marque utilisée seulement comme mot clé, mais peut en restreindre l’emploi visible dans une annonce après une réclamation recevable, notamment pour un concurrent direct ou une présentation trompeuse. Ces critères de diffusion ne tranchent ni la contrefaçon, ni la publicité comparative, ni une autre règle locale. Création, composants, destination et ciblage se relisent donc ensemble, sous deux cadres distincts.
| Cadre | Sanction en cas de manquement | Qui vérifie |
|---|---|---|
| Règles Google Ads | Refus, blocage temporaire ou suspension selon la règle, la gravité et l’historique | Google, par systèmes automatisés et examens humains |
| Droit français (pratique trompeuse, LCEN, données) | Mesure administrative, responsabilité civile ou sanction pénale selon le fondement retenu | DGCCRF, CNIL, parquet ou juridiction compétente |
| Régimes sectoriels (alcool, crédit, immobilier, profession) | Conséquence propre au régime applicable | Autorité sectorielle et, le cas échéant, juridiction |
Le nom exact du programme est « validation des annonceurs ». Son déploiement est progressif. Google sélectionne un compte, notifie les tâches à accomplir et indique le délai lorsqu’il existe ; des annonces peuvent être limitées ou le compte mis en veille si la demande n’est pas traitée dans le temps imparti. Les tâches varient selon le compte, la facturation et le secteur, et certaines activités, dont les services financiers, peuvent exiger une validation renforcée distincte. La documentation du programme fait foi pour le parcours demandé.
Après validation, Google peut publier le nom et la zone géographique de l’annonceur, ses créations, ainsi que des dates et lieux de diffusion. Ces éléments sont consultables dans le Centre de transparence publicitaire, zone France. La validation ne garantit ni le contenu ni l’activité de l’annonceur et ne transfère pas sa responsabilité à Google.
Le seul ciblage du public français ne rend pas automatiquement applicable chaque disposition française. Les champs territoriaux se vérifient séparément. L’article L. 132-1 vise les pratiques trompeuses commises en France ou qui y produisent leurs effets. L’article 3 du RGPD regarde notamment l’établissement dans l’Union, l’offre à des personnes qui s’y trouvent et le suivi de leur comportement. La LCEN et chaque régime sectoriel ont leurs propres critères. Un annonceur étranger se qualifie donc au cas par cas.
Cette page donne une méthode de contrôle, pas un avis juridique ni une liste exhaustive. Avant diffusion, confrontez le support, l’auteur, le commanditaire, le public, l’offre et les données aux textes en vigueur, puis faites trancher les cas sensibles par le conseil compétent. Les références volatiles citées ici ont été revérifiées le 25 juillet 2026 ; les formulations, notamment en crédit et dans les règles Google Ads, doivent encore être contrôlées à la date de campagne.
On passe annonce, page et suivi au crible.
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